La vraie vie – Adeline Dieudonné (2018)

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L’engouement médiatique autour de ce premier roman m’avait fait différer sa lecture. Je préférais m’y plonger la tête reposée afin de pouvoir l’appréhender en toute objectivité.

J’ai ainsi pu partager, quelques mois plus tard, la claque qui a été celle de très nombreux lecteurs et qui a valu à Adeline Dieudonné autant de louanges.

La vraie vie, c’est la vie à laquelle une jeune fille de 10 ans ne devrait jamais être confrontée. La narratrice grandit dans un pavillon avec ses parents et son petit frère, Gilles, un jeune garçon lumineux âgé de 6 ans.

Dans ce pavillon au coeur d’un lotissement, on pourrait penser que la jeune fille est entourée d’une famille paisible et aimante.

Pourtant, sa maison est celle des cadavres d’animaux que son père, chasseur, idolâtre. Son enfance est rythmée par les cris de son père, la violence pure, la peur et la passivité de sa mère.

Malgré ce manque d’amour, l’héroïne parvient à créer des rêves et des jeux et à tenter, tant bien que mal, de vivre son enfance.

Un violent accident va venir bouleverser ce quotidien précaire déjà rempli de noirceur. Son frère en ressortira profondément détruit.

Tenace, elle va essayer d’effacer cette vie qui lui apparaît comme une erreur à corriger. Obstinée, elle fera tout pour modifier le passé et faire à nouveau rire son frère.

Il y a très longtemps que je n’avais pas été autant captivée par un roman. J’ai littéralement dévoré ce livre en quelques heures. Le contraste entre la noirceur, la violence et la tendresse de l’adolescente est saisissant. La scène dans la forêt, presque cinématographique, est envoûtante.

J’ai été bousculée par la force qui se dégage de la plume d’Adeline Dieudonné. Son héroïne m’a conquise par son courage et son pouvoir de résistance hors du commun.

Aussi lumineux que sombre, ce roman témoigne du quotidien de certaines familles une fois la porte close mais redonne aussi espoir en la force de résilience de l’être humain.

Note : 10/10 – Coup de ❤

Citations :

« C’était le mois de juillet et pourtant les nuits me semblaient plus noires et plus froides qu’en hiver »

« J’aimais la nature et sa parfaite indifférence. Sa façon d’appliquer son plan précis de survie et de reproduction, quoi qu’il puisse se passer chez moi. Mon père démolissait ma mère et les oiseaux s’en foutaient. Je trouvais ça réconfortant. Ils continuaient de gazouiller, les arbres grinçaient, le vent chantait dans les feuilles de châtaignier »

« On dit que le silence qui suit Mozart, c’est encore du Mozart. On ne dit rien sur le silence qui suit un coup de feu. Et la mort d’un homme. »

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